Jean Viard

Jeudi 7 mars 2013
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Jean Viard

Sociologue et directeur de recherche CNRS au CEVIPOF (Sciences Po), Jean Viard a pub­lié de nom­breux essais sur les temps soci­aux et les loisirs, les mobil­ités et l’aménagement du ter­ri­toire, ainsi que sur les ques­tions agri­coles. Dans Nouveau por­trait de la France : La société des modes de vie (L’Aube, 2012), il dresse une carte inat­ten­due et vivante de la France, où des modes de vie nou­veaux façon­nent les rap­ports à l’espace, où le non-travail grig­note la vie sociale. Il s’intéresse aux rap­proche­ments à l’œuvre entre l’urbain et le rural, aux manières nou­velles d’habiter les villes à l’heure de la métrop­o­li­sa­tion et des « villes nuages », à nos exis­tences poly-spatiales.

Extrait de Nouveau por­trait de la France :
La société des modes de vie

Si le tra­vail, a dû partager la pro­duc­tion de la société avec les temps autonomes des indi­vidus, il a dû aussi partager – et ce très large­ment -, l’espace et ses usages. Le ter­ri­toire du labeur de la terre a perdu 7 mil­lions d’hectares en France depuis 1960, con­quis par les mul­ti­ples usages nou­veaux qui ont struc­turé nos sociétés. Car l’expansion de nos vies a cor­re­spondu à une expan­sion de nos déplace­ments durant chaque journée, ou au fil de l’année et de la vie. Cette expan­sion des déplace­ments est tout aussi vraie, sinon plus encore, pour la pro­duc­tion et la vente de biens cul­turels. C’est ce qu’il nous fait main­tenant étudier pour ensuite pro­poser de nou­velles caté­gories de lec­ture de cette société lit­térale­ment « mise en mobil­ité » par de nou­velles tem­po­ral­ités.
Et ne croyons pas que nous soyons devenus nomades. Nous avons incon­testable­ment cessé d’être séden­taires. Mais nous avons tou­jours des lieux, des « chez nous », des ter­ri­toires, des tombes… On pour­rait même dire que plus nous sommes con­nec­tés en tous temps et en tous lieux, partout autour de la planète, plus s’expriment des reven­di­ca­tions iden­ti­taires local­isées. Et par là-même, se deman­der si la mise en mobil­ité des hommes ne ren­voie pas à des accen­tu­a­tions de la mise en scène iden­ti­taire des lieux et si, dans ce change­ment, la pro­duc­tion arché­typ­ique des lieux que le tourisme pro­duit n’est pas une sorte de préal­able à l’entrée d’une société dans l’humanité mobile qui désor­mais nous rap­proche sans for­cé­ment nous rassem­bler. Nous y reviendrons.

Nouveau por­trait de la France : La société des modes de vie, p.59–60

 

RENCONTRES

Vendredi 12 avril – 14h30
Salle Juliet Berto
Vendredi 12 avril – 16h
Salle Juliet Berto

SIGNATURE

Dédi­caces des auteurs ven­dredi,
samedi ou dimanche
sous le cha­pi­teau du Jar­din de ville

BIBLIOGRAPHIE SÉLECTIVE

Penser la nature : Tiers espace entre ville et cam­pagne, L’Aube, 2012

Nouveau por­trait de la France :
La société des modes de vie
,
L’Aube, 2012

Fragments d’identité française,
L’Aube, 2010

Lettre aux paysans et aux autres
sur un monde durable
, L’Aube, 2010

Éloge de la mobil­ité :
essai sur le cap­i­tal temps libre
et la valeur tra­vail
, L’Aube, 2008

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Un commentaire sur “Jean Viard”

  1. Lectrices de la bibliothèque de La Tronche

    J’ai lu avec intérêt ce por­trait de la France bien dif­férent des images courantes car il est por­teur d’espoir et s’inscrit dans une actu­al­ité vue comme source d’une grande richesse. J’ai notam­ment été frap­pée par l’idée de l’importance de la « mise en désir » de la France, omniprésente dans le texte, si bien que par­fois, le lieu et l’image d’un lieu sem­blent se con­fon­dre… entraî­nant des évo­lu­tions pro­fondes de villes ou de régions aussi bien sur le plan poli­tique que sur celui de leur développe­ment économique. Claude

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